Dans la première partie de ce guide, nous avons posé les bases théoriques indispensables pour comprendre le fonctionnement de l’électricité domestique. Nous passons maintenant à la deuxième partie, consacrée à l’installation elle-même.
Cette section débute par l’élément central de toute installation électrique : le tableau. C’est lui qui structure, protège et distribue l’énergie vers tous les circuits du logement. Nous examinerons ensuite les circuits les plus courants ainsi que ceux dédiés à des usages spécifiques, en détaillant leurs caractéristiques et leurs particularités.
Le tableau électrique : l’essentiel à connaître
1. Le rôle du tableau électrique
Le tableau est le centre de distribution et de protection de l’installation. Il reçoit l’alimentation depuis le disjoncteur de branchement et la répartit vers chaque circuit.
Il assure deux fonctions majeures :
- La protection des personnes grâce aux interrupteurs différentiels qui détectent les fuites de courant.
- La protection des circuits et des appareils grâce aux disjoncteurs divisionnaires qui coupent en cas de surcharge ou court-circuit.
Il accueille également les dispositifs de commande tels que le contacteur heures creuses ou certains modules domotiques.

2. Organisation pratique : rangées, peignes et équilibrage
Un tableau moderne s’organise de manière claire et rationnelle.

2.1 Rangées et structure
Chaque rangée regroupe un ensemble de circuits protégés par un interrupteur différentiel placé en tête. Les circuits sont répartis logiquement, par zone du logement ou par type d’usage (éclairage, prises, gros appareils).

2.2 Peignes d’alimentation
Les peignes horizontaux permettent d’alimenter proprement l’interrupteur différentiel et les disjoncteurs d’une même rangée. On évite ainsi les fils pontés, moins fiables et moins lisibles.

Les borniers de phase, neutre et terre assurent un raccordement ordonné.

2.3 Comment câbler un disjoncteur dans le tableau
Le disjoncteur se raccorde en amont à l’interrupteur différentiel de sa rangée : la phase et le neutre proviennent donc directement du peigne d’alimentation. En aval, on connecte la phase et le neutre du circuit à protéger, en veillant au respect du code couleur (rouge ou marron pour la phase, bleu pour le neutre). Certaines marque proposent des bordiers automatiques, ce qui simplifie grandement la mise en oeuvre.

Le fil de terre (vert/jaune) n’est jamais raccordé au disjoncteur : il rejoint directement le bornier de terre du tableau.

2.4 Équilibrage des circuits
Il est important de répartir les circuits sur plusieurs interrupteurs différentiels pour éviter toute surcharge sur l’un d’eux. On place généralement :
- Les circuits de forte puissance (cuisson, lave-linge, lave-vaisselle) sous le ou les interrupteurs différentiels de type A.
- Les circuits standards (éclairage, prises générales, VMC) sous des ID type AC.
L’objectif est d’éviter qu’un seul ID ne concentre trop de courant ou trop de circuits sensibles aux fuites.
3. Les exigences de la norme NF C 15-100
La norme encadre la conception et l’agencement du tableau. Les principales règles sont :
- Au minimum deux interrupteurs différentiels pour tout logement.
- Maximum 8 disjoncteurs par interrupteur différentiel (ou 12 lorsque les conditions de répartition le permettent).
- Obligation d’au moins un interrupteur différentiel type A.
- Repérage obligatoire de chaque circuit.
- Présence d’un parafoudre obligatoire selon la zone géographique et le type d’alimentation.
- Réservation d’environ 20 % d’espace disponible pour les évolutions futures.
Les circuits les plus courants dans une installation domestique
Après avoir compris le rôle du tableau et la logique qui organise les circuits, examinons maintenant les principaux circuits présents dans un logement. Chacun répond à un usage défini et est dimensionné en fonction du type d’équipement qu’il alimente.
1. Les circuits d’éclairage
Les circuits d’éclairage alimentent l’ensemble des points lumineux : plafonniers, appliques, éclairages extérieurs ou intégrés.
Caractéristiques usuelles :
- Section de câble : 1,5 mm².
- Maximum 8 points lumineux sur un circuit
- Commande via interrupteurs, va-et-vient, variateurs ou automatismes.
- Protection : disjoncteur 10 A, derrière un différentiel de type A ou AC
- Les circuits lumineux doivent être répartis sur plusieurs rangées du tableau

2. Les circuits de prises de courant
Les circuits de prises alimentent les appareils mobiles et les usages courants du logement. Caractéristiques généralistes :
- Section de câble : 2,5 mm².
- Protection : disjoncteur 16 A (8 prises max) ou 20 A (12 prises max).
- Derrière un différentiel de type A ou AC
- Les circuits de prises doivent être répartis sur plusieurs rangées du tableau
Ces circuits ne sont pas destinés aux appareils fortement consommateurs. Ils assurent la polyvalence des zones de vie comme le salon, les chambres ou le bureau.

ou bien

3. Le circuit des plaques de cuisson
Le circuit des plaques de cuisson est l’un des plus puissants de l’installation domestique. En raison de la consommation élevée des plaques électriques, vitrocéramiques ou à induction, il doit obligatoirement disposer d’une ligne dédiée.
Les caractéristiques imposées sont les suivantes :
- Section de câble : 6 mm².
- Protection : disjoncteur 32 A.
- Sortie de câble dédiée, sans prise standard pour éviter tout mauvais branchement.
- Derrière un différentiel de type A

4. Le circuit des prises dédiées en cuisine
La cuisine est l’une des pièces où la norme impose ou recommande fortement des circuits dédiés aux appareils électroménagers. Les équipements comme le lave-linge, le lave-vaisselle, le four ou le réfrigérateur peuvent solliciter l’installation de manière significative, soit par leur puissance, soit par leur fonctionnement prolongé.
Selon l’appareil, les caractéristiques typiques sont :
- Pour le lave-linge, lave-vaisselle, four encastrable, réfrigérateur : 2,5 mm², disjoncteur 20 A.
- Le lave linge doit être derrière un différentiel de type A, pour les autres c’est indifférent
- Réfrigérateur ou congélateur : circuits non obligatoires mais recommandés, notamment pour éviter qu’une coupure sur une prise générale n’entraîne une décongélation.

4. Le circuit chauffage
Selon la configuration, chaque radiateur peut avoir son propre circuit ou être intégré à une répartition par zones.
Caractéristiques générales :
- Section : 1,5 mm², 2,5 mm², 4 mm², 6 mm² selon la puissance.
- Protection : 10 A, 16 A ou 20 A selon le nombre et la puissance des appareils.
Le pilotage peut être assuré par un fil pilote raccordé à un programmateur.
| Puissance max | Section | Disjoncteur |
|---|---|---|
| 3500W | 1,5 mm² | 16 A |
| 4500W | 2,5 mm² | 20 A |
| 5750W | 4 mm² | 25 A |
| 7250W | 6 mm² | 32 A |

5. Le circuit VMC
La ventilation mécanique contrôlée doit fonctionner en continu et dispose donc d’un circuit indépendant.
- Section : 1,5 mm².
- Protection : disjoncteur 2 A.
C’est un circuit faible consommation mais critique pour la qualité de l’air et la prévention de l’humidité.

Circuit de VMC – 2 A
6. Les circuits techniques et extérieurs
Selon l’organisation du logement, on retrouve également :
- Circuit congélateur (conseillé pour éviter les coupures intempestives).
- Circuit prises extérieures (16 ou 20 A, protection adaptée).
- Circuit portail, pompe ou outillage de jardin.
- Circuits domotiques ou multimédia, parfois regroupés dans des baies techniques.
7. Résumé des circuits principaux
| Symbole | Circuit | Section | Disjoncteur | Différentiel | Notes |
|---|---|---|---|---|---|
![]() | Éclairage | 1,5 mm² | 16 A | type AC/A | Max 8 points lumineux |
![]() | Prises de courant générales | 1,5 mm² | 16 A | type AC/A | Max. 8 prises par circuit. |
![]() | Prises de courant générales | 2,5 mm² | 20 A | type AC/A | Max. 12 prises par circuit. |
![]() | Plaques de cuisson | 6 mm² | 32 A | type A | Ligne dédiée, sortie de câble (pas de prise standard). |
![]() | Four encastrable | 2,5 mm² | 20 A | type AC/A | Prise ou sortie de câble dédiée en cuisine. |
![]() | Lave-linge | 2,5 mm² | 20 A | type A | Prise dédiée (souvent en buanderie ou cuisine). |
![]() | Lave-vaisselle | 2,5 mm² | 20 A | type AC/A | Prise dédiée en cuisine. |
![]() | Réfrigérateur / congélateur (circuit dédié conseillé) | 2,5 mm² | 20 A | type AC/A | Évite qu’une coupure sur un circuit de prises générales ne provoque une décongélation. |
![]() | Chauffe-eau électrique | 2,5 ou 4 mm² | 20 ou 25 A | type AC/A | Circuit dédié, souvent piloté par un contacteur heures creuses. |
![]() | Chauffage électrique (max 4500 W) | 2,5 mm² | 20 A | type AC/A | Pour des puissances cumulées plus élevées, augmenter la section (voir tableau plus haut). Possibilité de fil pilote. |
![]() | VMC | 1,5 mm² | 2 A | type AC/A | Circuit indépendant, fonctionnement permanent. |
![]() | Volets roulants | 1,5 mm² | 16 A | type AC/A | Circuit dédié. Un circuit par niveau recommandé. |
![]() | Recharge véhicule électrique | 2,5 mm² | 20 A | type A | Prise de type Green’up. Différentiel dédié au circuit + disjoncteur. Ou disjoncteur différentiel dédié. |
![]() | Prises extérieures | 2,5 mm² | 20 A | type AC/A | Matériel adapté à l’extérieur (IP, protections mécaniques). |
![]() | Portail, pompe, outillage de jardin | 1,5 ou 2,5 mm² | 10 ou 16 A | type AC/A | Circuit extérieur dédié, à protéger des chocs et de l’humidité. |
![]() | Domotique / multimédia | 1,5 ou 2,5 mm² | 2 à 16 A selon l’équipement | type AC/A | Alimentation baie multimédia, box, modules domotiques, etc. |
















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